L’Islande en difficulté suite à la faillite de la banque en ligne Icesave

Créée en 2006 par le groupe islandais Landsbanki, la banque en ligne Icesave avait, dès son lancement, connu un succès particulièrement important, grâce notamment à des produits d’épargne affichant des performances de premier ordre, conduisant l’enseigne à gérer un capital de plus de 700 millions d’euros en seulement quelques mois et à s’implanter en Grande-Bretagne, puis aux Pays-Bas. Mais, suite à la crise financière provoquée par l’effondrement du marché immobilier aux États-Unis, l’enseigne s’est rapidement retrouvée confronter à un certain nombre de difficultés économiques, qui l’ont conduit à la faillite en seulement deux ans après sa création, laissant une dette de 3,8 milliards d’euros, représentant environ 40 % du Produit National Brut de l’Islande.

Face aux difficultés rencontrées par un certain nombre d’épargnants clients de la banque en ligne Icesave, le Royaume-Uni et les Pays-Bas ont alors fait appel à leur propre fonds de garantie, prévu normalement en cas de défaillance d’une banque nationale, permettant ainsi une réparation immédiate du préjudice subi. Ces deux états entendent cependant bien aujourd’hui se voir remboursés de l’ensemble de ces sommes, engageant un certain nombre de négociations avec le président islandais Ólafur Ragnar Grímsson. Ayant alors permis la mise en place, en juin 2009, d’un premier dispositif prévoyant le remboursement de quelques 3,8 milliards d’euros, à l’aide d’un emprunt réalisé par l’Islande elle-même, les négociations semblaient sur le point d’aboutir, lorsque l’opposition d’un groupe de 50 000 islandais et le rejet de celui-ci par 93 % de la population, après un référendum, n’a pas permis la mise en œuvre de ce projet.

Devant les tensions diplomatiques grandissantes entre ces trois pays, une nouvelle solution a alors été élaborée, consistant une nouvelle fois dans la prise en charge, par l’État islandais, des remboursements nécessaires, à l’aide de la conclusion d’un nouvel emprunt, dont les conditions se trouvaient assouplies par rapport à la première proposition ; mais, à nouveau, l’opinion publique islandaise s’est, encore une fois, révélée hostile à ce nouveau dispositif le rejetant par 60 % des suffrages lors d’un nouveau référendum organisé en avril 2011. Si ce nouveau mouvement d’humeur de la part du peuple islandais témoigne d’un certain agacement, il met aussi en évidence le mécontentement envers les établissements bancaires, considérés, par une majorité de l’opinion publique, comme les principaux responsables de la crise économique débutée en 2008, une grande majorité estimant que les établissements publics doivent eux-mêmes assumer les conséquences de leur mauvais comportement.

Face à de telles difficultés, il semble aujourd’hui que la seule solution au problème apparu entre le Royaume-Uni, les Pays-Bas et l’Islande reste la saisie de la Cour de Justice Européenne, dont la décision apportera une solution définitive à la question, que le remboursement soit confié au groupe bancaire nationalisé Landsbanki ou à l’État islandais lui-même. Toutefois, quelque soit l’issue de cette situation délicate, il est évident que la confiance, entre les usagers et le système bancaire, se trouve grandement remis en cause par la crise financière, et ce, aussi bien dans les pays dont certains établissements ont fait faillite qu’en France, où le système bancaire est pourtant resté relativement épargné par les difficultés actuelles.

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