La possible disparition du chèque suscite certaines craintes auprès des associations de consommateurs

Bien qu’encore très sollicité en France, le chèque fait toutefois, de plus en plus souvent l’objet  d’interrogations, quant à l’intérêt de son utilisation, l’arrivée d’autres moyens, tels que la carte bancaire et, aujourd’hui, les solutions de paiement sans contact, qui semblent se développer de plus en plus, le rendant, en effet, de moins en moins attractif, comme le révèle notamment un rapport récent du Comité Consultatif du Secteur Financier, demandé par Bercy, en 2011, et dont le contenu vient tout juste d’être révélé.

Regroupant 20 propositions, dont la principale prévoyant la réduction de moitié, en cinq ans, de l’émission de chèques, ce document a immédiatement entraîné la réaction des associations de consommateurs qui souhaitent alors voir apparaître, si ce projet est mené à bien, une alternative gratuite à cette solution encore si prisée des usagers français.

Visant à faire réaliser des économies aux banques, cette mesure devrait donc permettre de limiter le recours aux moyens de paiement qui « induisent des coûts de gestion élevés pour les banques et grèvent ainsi leur capacité à investir pour préparer les moyens de paiement d’avenir », comme le souligne Georges Pauget, qui s’est vu lui-même confier la codirection du CCSF.

Il apparaît, en effet, que, si les opérations de virements, ou encore celles réalisées par le biais d’une carte bancaire, rapporte de l’argent à ces établissements, le traitement des paiements en espèces, ainsi que de ceux effectués par l’intermédiaire d’un chèque, présente, à l’inverse, pour ces derniers un coût non négligeable, expliquant donc les conclusions de ce rapport.

Ayant déjà diminué de moitié, entre 2002 et 2012, l’usage de chèques, comme le souligne, à son tour, Emmanuel Constans, l’un des auteurs de ces propositions, « est appelé  à reculer », ce dernier reconnaissant toutefois que «  cela doit aller de pair avec le développement de moyens de paiement alternatifs et pas chers, voire gratuits ».

De son côté, la Fédération Bancaire Française a également fait part de son point de vue et précisé, à cette occasion-là, que « les banques françaises ne demandent pas la disparition du chèque mais entendent investir, comme elles l’ont toujours fait, dans le développement des moyens de paiement les plus innovants », rappelant aussi, dans le même temps, que « les principaux autres pays de la zone euro ont d’ores et déjà pratiquement abandonné le chèque au profit exclusif des moyens de paiement modernes, sûrs et plus pratiques ».

Ayant réduit leurs marges, au moment notamment de la création du Single Euro Payments Area, les banques doivent donc limiter autant que possible leurs frais dans le but également de pouvoir proposer des conditions toujours plus avantageuses à leurs usagers, aussi bien en termes de produits et services, que de tarifs.

Des idées sont aussi apparues quant aux alternatives qu’il sera possible de proposer en cas de disparition du chèque, les établissements bancaires ayant, par exemple, évoqué la mise en place d’un système interbancaire de paiement en ligne, passant alors par la généralisation du dispositif 3D Secure.

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