Les quatre constats d’une enquête locale de l’UFC sur les pratiques bancaires

Organisée en antennes locales pour observer les tarifs bancaires par région, l’Union Française des Consommateurs – Que Choisir vient de publier le 22 octobre 2010 les résultats recueillis par le bureau de Rodez.

Du 14 juin au 11 septembre 2010, les tarifs de différents services bancaires dans 10 enseignes différentes ont été recueillis par trois bénévoles de l’association qui se sont fait passer pour des clients potentiels. Les résultats témoignent d’une évolution significative des prix en cours dans ces établissements de la région de Rodez.

Les prix ont été augmentés pour les services bancaires les plus ordinaires tels que

–       la commande d’une carte bancaire classique et d’une carte bancaire Premium

–       les retraits effectués dans des distributeurs automatiques appartenant à d’autres enseignes

–       les virements occasionnels et prélèvements automatiques

–       les cas d’incidents de paiement

–       les assurances garantissant les moyens de paiement

–       l’abonnement aux services de gestion du compte par téléphone ou par Internet.

Le premier constat tiré de l’enquête est la hausse de l’ensemble des coûts relatifs aux services bancaires. Sur la période d’observation, l’augmentation enregistrée des tarifs bancaires dépasse l’évolution des prix à la consommation qui fut de 8 % sur ce même trimestre.

Le deuxième constat qu’en retire l’antenne ruthénoise de l’UFC – Que Choisir porte sur l’écart de tarifs entre les banques de la région. Etonnamment, cet écart est assez faible, mais il permet toujours de les classer comparativement à leurs coûts.

Pour un même panier de service, la moins chère des banques testées est la Banque Postale (195 €), suivie de près par la Caisse d’Epargne de Midi-Pyrénées (196,60 €), puis le Crédit Agricole Nord Midi-Pyrénées (222,30 €). A l’inverse, le Crédit du Nord se remarque avec les frais bancaires les plus élevés, d’un montant de 279,80 €.

En réalité, sur chacune des prestations de référence de l’enquête, aucun établissement bancaire n’a proposé de tarifs compétitifs, moins chers que ceux de l’agence concurrente. La différence se fait sur les conditions plus ou moins avantageuses qui accompagnent chaque service bancaire.

La troisième observation pointe la mauvaise application, pour ne pas dire le mépris, de l’arrêté du 04 avril 2005 qui oblige toute agence bancaire à laisser à disposition du public une brochure détaillant l’ensemble des tarifs par service bancaire. Si 38 % des établissements visés par l’étude se conforment à cette règle, encore l’appliquent-ils de façon discrète.

Enfin, l’étude permet à l’association de formuler une dernière remarque à l’encontre des établissements bancaires. Il apparaît que la majeure partie des agences bancaires n’ont pas mis en place de procédure facilitant le changement de banque. Ces freins observés dans la pratique contredisent les engagements pris par les banques en 2009. L’association rapporte les difficultés que les enquêteurs ont rencontrées pour obtenir les renseignements.

En définitive, l’enquête de l’association aveyronnaise situe ces établissements dans la moyenne nationale, mais conclut sur la perte de confiance du public et que des efforts devront être faits pour le reconquérir.

Comments are closed.