Chaabi Bank s’adapte à sa clientèle musulmane

Chaabi Bank (filiale de la banque populaire du Maroc qui compte 17 agences dans notre pays dont 7 rien qu’en Ile de France et prévoit d’en ouvrir trois nouvelles sous peu) vient de lancer dans l’hexagone le tout premier compte bancaire en accord avec ce qu’on nomme la « charia », la loi islamique auxquels sont sujets les musulmans.

La banque prévoit également de lancer cette année une nouvelle formule de crédit immobilier sur quatre ou cinq ans, puis l’an prochain un prêt de maturité plus longue, ces deux produits respectant eux aussi bien entendu la loi islamique.

Respecter la charia, de manière très pragmatique, signifie ne pas verser d’intérêt sur les dépôts, ce que fait la majorité des autres établissements bancaires. C’est aussi lâcher ces mêmes dépôts du reste des fonds de l’établissement afin de ne s’en servir que dans des produits et autres financements qui s’accordent avec les lois fiscales de l’Islam.

Par ailleurs, Chaabi bank sera contrôlée par un comité de savants musulmans indépendants afin de veiller à ce que cette loi musulmane soit correctement mise en place et appliquée.

L’objectif de l’établissement est le suivant : attirer à lui environ 30 000 de ses clients résidents hexagonaux (soit 1 sur 10) qui sont souvent originaires du Maroc pour les faire souscrire à ces nouveaux services. Toutefois, la démarche ne se veut pas non plus exclusive puisque la banque souhaite également faire venir à elle une clientèle qui ne possède pas encore ses comptes chez elle.

M. Alami, directeur du développement de Chaabi, précise d’ailleurs que « De nouvelles ouvertures de compte ont déjà été faites, notamment par des usagers qui détenaient leurs comptes dans des établissements concurrents. Et ce, dès le lendemain de la mise sur le marché de ce nouveau service ».

Quant aux tarifs proposés par la banque, ils sont dans la moyenne de ce qui se fait déjà. Ainsi, l’usager paiera 78 euros/an pour bénéficier de la globalité des services de base propres au compte courant et à la carte bleue Visa.

M. Alami souligne à ce sujet que « Tout a été fait pour que les clients ne paient pas chez nous plus chers qu’ailleurs ». Et ajoute que « Les tous premiers souscripteurs sont souvent des individus ayant des revenus plus élevés que la moyenne, ce qu’on appelle les CSP+ ».

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