Groupama devient une véritable banque

Ayant décidé de se lancer plus pleinement dans le secteur de la banque, Groupama, encore loin des objectifs qu’elle s’est elle-même fixée, a voulu remédier à ce problème et a pour cela choisi de simplifier la gamme de produits et de services distribués, tout en conservant les tarifs compétitifs qui ont déjà fait son succès dans son domaine de prédilection, l’assurance.

En effet, comme le souligne Bernard Pouy, le Directeur Général de Groupama Banque, « on a décidé de mettre le turbo », afin de réussir à atteindre les chiffres escomptés, l’enseigne ambitionnant d’attirer à elle 170 000 nouveaux clients, ici à 2014. Afin de réussir à concrétiser ce chiffre ambitieux, celui-ci a ainsi opté pour une diminution du nombre de formules distribuées, tout en améliorant les prix affichés par celles maintenues et en orientant davantage la communication sur le crédit immobilier notamment ainsi que sur la mise en place d’agences, même si ce même interlocuteur reconnaît volontiers que « le démarrage de Groupama Banque a été plus long que prévu. Nos objectifs de départ étaient sans doute un peu ambitieux, mais la crise financière ne nous a pas aidés non plus ».

Bénéficiant d’atouts intéressants, représentés par l’expérience de sa maison-mère, Groupama, la première mutuelle d’assurances française, qui bénéficie d’un réseau d’agences relativement étendu, permettant ainsi de communiquer directement sur le terrain, ainsi que par l’expertise de la Société Générale, l’une des trois plus grandes banques du pays, qui en reste toujours actionnaire et qui l’a donc beaucoup soutenu dans le développement de produits bancaires.

La première charge confiée aux dirigeants de la banque est donc d’orienter l’épargne des assurés de Groupama, en fin de contrat, vers un compte bancaire de la nouvelle branche de cette même enseigne, Jean-Baptiste Bellon, de Trapéza Conseil relevant à ce propos que « Groupama Banque comme, par la suite, AXA Banque et Allianz Banque ont été créées pour être la bonde de la baignoire, en empêchant les clients d’aller placer leur épargne chez les concurrents bancaires ».

Le fait que, dès le démarrage, 200 000 sociétaires se sont déjà laissé tenter par l’ouverture d’un compte bancaire, dans les 18 mois seulement qui ont suivi, est tout à fait encourageant, même si cet élan s’essouffle un peu, le rythme annuel étant désormais de 30 000 à 40 000 nouveaux souscripteurs, ce qui se révèle être beaucoup moins rapide, même si, l’année dernière, la barre des 500 000 usagers a tout de même été dépassée, rendant cependant le chiffre de 700 000 clients difficile à atteindre dès 2012, comme l’enseigne l’avait pourtant espéré au départ, faisant dire à Jean-Baptiste Bellon qu’« il était temps qu’ils passent à une stratégie de conquête plus offensive. Pour assurer la flottaison de leurs navires bancaire, ils doivent a minima dépasser le cap du million de clients ».

Au-delà de la conquête de nouveaux usagers, il est aussi indispensable que ceux-ci rapportent comme l’indique l’un des dirigeants de la Société Générale qui remarque que le nombre de produits souscrits par les clients Groupama n’excède, bien souvent, pas deux, alors que les usagers de son enseigne en ont généralement entre sept et dix, celui-ci constatant que « malgré d’importants efforts de formation, les agents généraux ont mis plus de temps que prévu à se transformer aussi en banquiers ».

C’est donc la raison pour laquelle Bernard Pouy a axé la communication de Groupama Banque sur le crédit immobilier, afin que son enseigne devienne l’interlocuteur principal de ses clients, et non plus un organisme secondaire, comme à l’heure actuelle, cette stratégie semblant fonctionner parfaitement, celui-ci affirmant que « nous sommes passés de un à huit dossiers immobiliers par jour, et notre objectif est de passer à vingt ».

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